Espace de Réflexion Ethique des Pays de la Loire (EREPL)

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RETOUR - Soirée du 29/10/2016

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En partenariat avec le Gérontopôle des Pays de la Loire, s’est tenue le 29 novembre la soirée « ALZHEIMER : L’identité questionnée ».

Plus de cent personnes étaient venues assister à la soirée dans le hall de la Maison Régionale de l’Autonomie et de la Longévité.

Interrogé par Jean-Michel Vienne, Philosophe,  Michel Malherbe, Philosophe également, a parlé de son ouvrage :  «Alzheimer, la vie, la mort, la reconnaissance » paru chez Vrin en 2015.

Michel Malherbe a écrit ce livre, confronté à la maladie dont son épouse était atteinte. 


Lors de cette conférence, il a relaté son questionnement philosophique et son accompagnement auprès de sa femme. Les réflexions de Michel Malherbe ont croisé celles de Jean-Michel Vienne et du Pr Gilles Berrut, président du Gérontopôle des Pays de la Loire.

La spécificité de l’ouvrage de Michel Malherbe, c’est qu’il entremêle ses questionnements philosophiques avec les chroniques quotidiennes de ses visites quotidiennes dans l’établissement où se trouve son épouse.  Il y retrace et analyse les différentes visites en établissement spécialisé, qui sont autant de moments de souffrance que de méditation sur la nature même de la personne humaine, son humanité, sa spécificité, son identité. 

Dans les récits et les analyses philosophiques que livre Malherbe, la maladie d’Alzheimer n’est pas seulement présentée et appréhendée comme une suite quantitative de limitations cognitives, c’est une maladie totale, ontologique, qui altère le cœur de l’identité de la personne. Atteinte dans sa personnalité profonde, son intériorité, sa conscience, sa permanence dans le temps, la personne atteinte de maladie d’Alzheimer jette un trouble profond sur la façon dont elle se rapporte au monde et aux autres.

En prenant soin de distinguer reconnaissance et identification, Michel Malherbe s’interroge : « Bien souvent on me demande : « Votre épouse vous reconnaît-elle? », je réponds : « Peut-être, je ne sais, mais la vraie question est autre : est-ce que, moi, je la reconnais, est-ce que je la reconnais non pas telle qu’elle a été, mais telle qu’elle est présentement, dans son inhumaine condition ? Car, enfin, à quoi reconnaît-on qu’un être humain est un être humain? ».

Au cours de la soirée, Michel Malherbe, avec beaucoup d’honnêteté et d’émotion, a pu restituer son expérience et livrer ses interrogations. La personne atteinte de la maladie d’Alzheimer reste-t-elle encore présente à elle-même ? Reste-elle encore sujet ? Que reste-t-il de l’être aimé ?

« Demain, je rendrai de nouveau visite à Annie »

Michel Malherbe remet parfois en question de façon très crue l’identité de son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer mais il restitue également avec beaucoup d’émotion, la force des liens qui l’engage au quotidien avec elle.

« Demain, je rendrai de nouveau visite à Annie ». Ce leitmotiv s’inscrit également dans  un questionnement sur le temps : le temps suspendu de celui qui accompagne, le temps du malade qui défait les souvenirs et les mots, le temps qui témoigne aussi de la fidélité et de la force d’engagement de celui qui accompagne celle qui n’est plus.